Charade dans le rétro #81

C’était bien du cinéma !

2026 marque le 60e anniversaire du tournage du film américain « Grand Prix » réalisé entre mai et octobre 1966 par John Frankenheimer pour la Metro Goldwyn Mayer basée à Hollywood. Plusieurs séquences de ce long métrage (trois heures) ont été filmées dans le Puy de Dôme: le Circuit de Charade, Royat et le Gour de Tazenat. D’importants moyens ont été consacrés pour le travail sur ces sites. Ainsi, Charade faisait partie des six circuits européens retenus pour des scènes relatant la Formule 1 de cette époque (milieu des années 60).

 

Aux côtés des vedettes américaines (James Garner, Eva Marie Saint, etc) , l’Italien Antonio Sabato qui a pris le rôle refusé par Jean-Paul Belmondo et le Japonais Toshiro Mifune se trouvaient Yves Montand et Françoise Hardy. Cette dernière a fait l’objet de multiples poses photographiques sur la piste ou au contact des bolides, principalement des Formule Junior maquillées en F1.

 

Localement, le garage Segtra (Peugeot/Esso) boulevard Bazin à Royat abritait ces monoplaces. Non loin de là, les imposants murs de pierres sombres du viaduc SNCF ont séduit la direction du film pour être identifiés à des portions du Circuit de Monaco! Il se disait même que les Américains avaient apprécié les Roches Sanadoire et Tuilière près du lac du Guéry…

 

A Charade, parmi les 17 autos nécessaires, la technologie exigée par le tournage a fait appel à une Ford GT40 « désocée » ainsi qu’à un montage de cockpit pivotant de monoplace fixé sur un autre roulant sur la piste au milieu des concurrents. Mais beaucoup de témoins auvergnats de ces trois semaines hollywoodiennes parlent encore des près de 3.000 figurants recrutés localement et dont ils ont pu faire partie. En effet, rémunérés 50 francs par jour (presque 10 euros), et conduits de Clermont-Ferrand (place des Salins) au circuit gratuitement, ils ont savouré leurs déplacements successifs au service de Californiens généreux!

 

Parmi les quelque 2.000 professionnels constituant les plateaux artistique et technique, plusieurs grands champions de l’époque étaient associés: Graham Hill, Chris Amon, Phil Hill, Teddy Pillette, Jo Siffert, Jean-Pierre Beltoise, Peter Revson et Jo Bonnier. Tous seront hébergés notamment dans des hôtels de Royat et de Vichy.

 

S’il affiche un budget de dix millions de dollars, « Grand Prix » a recueilli trois oscars et un succès appréciable sur la condition des pilotes de Formule 1. En France, près d’un million de personnes l’ont vu au cinéma.

 

Charade a été choisi après le refus de celui de Reims qui, cette année-là, accueillait le Grand Prix de France. Jean Auchatraire, alors président de l’ASACA (Association sportive de l’Automobile club d’Auvergne) assurait la correspondance avec les cinéastes américains.

 

Guy Lemaître/Agissons pour Charade

Photos: Archives Automobile Club d’Auvergne, Circuit de Charade et La Montagne.

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