Charade dans le rétro #74

Héro d’un jour sur ses terres

En ce samedi 26 mai 1973, Charade s’apprêtait à vivre un de ses plus illustres week-ends de compétition moto. Ce sera le contraire !

 

Le Prix FIM 750, autrement dit la toute nouvelle discipline 750cc des championnats du monde, sera marqué par la contestation, les discours et un boycott partiel liés au manque de sécurité.

La présence nombreuse de marques de motos et de pilotes de renom pouvait rappeler le succès du Grand Prix de France moto l’année précédente sur cette piste. Au programme du week-end figurait, entre autres, une manche du Critérium national des sports 750, catégorie longtemps dominée par les Honda Four jusqu’à l’émergence récente des Kawasaki H2. Plus légère, plus puissante de 10cv et plus rapide, cette nouvelle venue a vite effacé le règne des Honda CB 750.

 

L’épreuve Critérium allait vivre un épisode inédit. Les manifestations de pilotes internationaux, emmenés par les Français Christian Bourgeois et Éric Offenstadt, qui réclamaient des centaines de bottes de paille supplémentaires, devaient bousculer le timing du week-end. Le dimanche en fin de matinée, les Critérium se lancent sur le huit kilomètres pour une seule séance d’essais chronométrés.

 

Contre toute attente, la pole revenait à une Honda solitaire de série (#62): celle du Clermontois Mustapha El Afghani, licencié au MCA (Moto Club d’Auvergne, organisateur). Son temps au tour affiche une moyenne de 121,483 km/h, bien supérieure à celles du reste de la trentaine d’engagés. Ce qui provoque colère et suspicion des concurrents autres que les régionaux. Ces derniers savaient combien le pilote Honda était capable de se surpasser sur son « terrain de jeux » et devant ses amis.

 

Une réclamation fut adressée à la direction de course et son équipe de chronométreurs, ce qui s’ajouta à l’ambiance confuse du week-end. Mais le temps de Mustapha fut confirmé. Malheureusement, en raison d’un timing fortement perturbé, la course des Critérium fut annulée. On imagine le sentiment de frustration des concurrents et de celui de l’Auvergnat, roi éphémère et sans couronne, si ce n’est dans le cœur de ceux qui le connaissent.

 

Guy Lemaître/Agissons pour Charade

Photo: Claude Astaix

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