Charade dans le rétro #70
Findlay, le privé chouchou du public
Un éternel casque bleu et blanc flanqué d’un kangourou. Manque le rouge tellement ses attaches avec la France sont fortes: Jack Findlay restera une légende de la course moto vingt années durant.
Entre 1958 et 1978, ses participations aux championnats du monde l’ont élevé au rang de héro. Autant par son éclectisme avec une dizaine de marques pilotées, que par son tempérament à batailler contre les champions comme Giacomo Agostini.
Citoyen de cœur de l’Hexagone, il doit en partie cette attirance à sa compagne de tous les instants, « Nanou », Andrée Lyonnard, connue de tous les paddocks du Continental Circus, le championnat du monde moto immortalisé par le film du même nom (1972, Jérôme Laperrouraz) et pour lequel Jack incarne le personnage central.
Le nom de Findlay s’associe également à Michelin, le manufacturier clermontois de pneumatiques aux côtés duquel il s’est impliqué pour le développement de gommes performantes attendues par les pilotes moto notamment avec les slicks. Son excellent contact avec Pierre Dupasquier, directeur de la compétition, facilita cette coopération. Et en 1974 devait émerger la technologie du radial laquelle, quelques années plus tard, permit à Freddy Spencer (USA) de briller avec Honda.
Des pistes Michelin, en périphérie de Clermont-Ferrand, au Circuit de montagne d’Auvergne (Charade), il n’y a qu’un pas… Entre 1963 et 1974, à travers six participations à des Grands Prix de France en catégories 250, 350 et 500 cc (*), sur Mondial, Bultaco, Yamaha, Jada et Suzuki, ainsi qu’une manche du Prix FIM 750 en 1973 sur Suzuki, l’Australien n’aura pas eu beaucoup de chance au pied des volcans. Mais son capital sympathie auprès du public restera toujours élevé.
Jack Findlay totalise trois victoires en Grand Prix 500cc dont le très redouté Tourist Trophy, en 1973, sur l’Île de Man (GB) ainsi que le titre de la catégorie 750 en 1975. Il aura souvent payé de sa personne pour vivre sa passion (chutes, mécanique, budget). Disparu sur le sol français en 2007 à 72 ans, il aura marqué son époque: celle des pilotes privés, peu argentés, aimés du public.
(*) La course des 250 en 1963 annulée en raison du brouillard.
Guy Lemaître/Agissons pour Charade


