Dans l’ombre des stars de Grand Prix, certains amateurs locaux ont participé à des compétitions internationales sur le Circuit de montagne d’Auvergne. Sans succès pour la plupart d’entre eux, mais avec le plaisir subtil de pouvoir dire « J’y étais! ». Michel Garnier fait partie de ces champions d’un jour sortis de l’anonymat… à domicile.
Pour des raisons professionnelles, cet Angevin s’est installé à Clermont-Ferrand (63) en 1969, lorsqu’il avait une vingtaine d’années. Très vite il a ressenti le besoin de goûter à la compétition, d’autant qu’il fut essayeur pneus moto pendant cinq ans chez Michelin. Peu de moyens, quelques amis dans le milieu de la moto et une maîtrise qui s’affirmait au fil des sorties: « Charade, c’était le circuit le plus sélectif de l’époque! Il fallait être précis et concentré sur huit kilomètres.» Il avait une petite expérience d’autres pistes (Montlhéry, Pau, Bourg-en-Bresse, Le Mans, Reims, Rouen) en vitesse ou en endurance. Il a fréquenté officiellement Charade au début des années 70 lors de compétitions internationales où s’est exprimé son style de pilotage coulant.
- 1970: il participe à la course des 250 Inter lors du Circuit international de Charade sur une Ducati #33. Cadre cassé, c’est l’abandon. Christian Bourgeois (Yamaha) monte sur la plus haute marche du podium.
- 1971: 300 Kilomètres de Charade Inter (750 & 250) sur une 250 Yamaha #19 préparée par le Clermontois Yves Gaillard. Panne moteur, il abandonnera la course emportée par le Suisse Werner Pfirter.
- 1972: lors des Championnats du monde, il s’inscrit en 500 sur une Honda #41 préparée par André Fargeix, le concessionnaire clermontois de la marque. Pas qualifié pour une place! « C’était rageant » avoue-t-il avec le recul.
- 1973: le tout jeune Prix FIM 750 passe par l’Auvergne avec un prestigieux plateau tant du point de vue des motos inscrites que des engagés. Garnier roule sur une 750 Moto Guzzi V7S (#26) suivie par Guy Bongiovanni, préparateur et concessionnaire de la marque italienne à Lyon.Pour des raisons de sécurité lié au manque de bottes de paille, le début de cette épreuve avait rencontré un mouvement d’humeur emmené par les internationaux français Éric Offenstadt, Christian Bourgeois et Christian Léon. Mais Michel préfère évoquer sa performance: « Je me souviens avoir bataillé avec le champion anglais Percy Tait sur sa Triumph que je rattrapais. Au freinage du Belvédère, j’ai tellement été déconcentré de le reconnaître que je me suis fait une chaleur puis j’ai perdu son contact ! De tempérament festif, j’ai vécu de bons moments lors de ce week-end des 26 et 27 mai. » Une épreuve emportée par Barry Sheene (GB) sur Suzuki 750 et qui se solde par une 9e place pour Michel, devenant ainsi premier Français de la course. Ce classement lui donne deux points au Championnat du monde de la discipline.
- 1974: le 10e et dernier Championnat du monde moto couru à Charade rencontre un succès populaire invraisemblable malgré les tensions de l’année précédente: plus de 100.000 spectateurs lors d’un week-end marqué par les duels somptueux entre Giacomo Agostini (Yamaha) et Phil Read (MV Agusta) en 350 et 500. Pour Michel Garnier ce fut une terrible frustration: « J’étais inscrit mais ma Yamaha 350 n’a pu être livrée à temps! »
Les deux points récoltés en 1973 marqueront la fin de ses courses à Charade. Ils permettront la reconnaissance médiatique d’un magazine moto: « Le style Michel Garnier ».
Guy Lemaître/Agissons pour Charade





