Entre 1959 et 1974, le « grand » Charade a accueilli 13 meetings internationaux de moto dont dix relevant des championnats du monde (Continental Circus), un pour le Prix FIM 750 (1973) et deux pour des compétitions inter (1970 et 1971). Chacun comportait une course de side-cars pour laquelle le public a manifesté un certain attachement, bien que boudé en fin de week-end par des spectateurs pressés d’éviter les bouchons de sortie des parkings du circuit.
Au cours de ces 15 années, les moteurs BMW ont toujours raflé la mise. Panier gauche ou droite, les bassets, évolution abaissée des side-cars de route, créent le spectacle au ras de la piste. Le singe (coéquipier) joue les équilibristes contorsionnistes à l’altitude zéro, s’écartant ou faisant corps avec son pilote. Et flirtant avec les bas-côtés.
Au début des années 70, les casques intégraux se généralisent. Les combinaisons en cuir prennent des couleurs mais n’empêchent pas l’usure, mettant les corps à vif… Outre ces prodigieuses facéties, les attelages procurent une première émotion : celle provoquée par les moteurs 500 cc 4 temps émergeant du paddock dans un concert de grondements métronomiques précédant la mise en grille. Une fois prêts, ils rappellent autant de boules de billard géantes avant de s’animer. Quelle folle danse offerte par ces attelages avec les cuirs limant le bitume dans les 52 virages ! Le public savoure. Et rappelle que les courses de side-cars, le plus souvent, mettaient un point final à la magie des week-ends motocyclistes à Charade.
Allemands et Suisses se sont partagé les podiums sous l’étendard BMW. Parmi eux, des champions du monde. Mais aussi quelques téméraires qui excellent sur le grand huit, suscitant l’admiration du public. Ainsi, l’intrépide pilote suisse Florian Camathias brille à Charade entre 1959 et 1964 sur son Gilera 4 cylindres et sous le regard de son épouse. 1960 et 1962 le verront monter sur le podium auvergnat devant un public qui l’aurait bien vu gagner. En 1972, Rudi Kurth, le talentueux ingénieur suisse expérimente son attelage à moteur Monark-Crescent, partagé avec sa compagne britannique Dan Rowe au regard azur. Ce duo illustre le renouveau de la discipline. Il bouscule la suprématie BMW avec l’arrivée des moteurs deux temps inspirés des bateaux hors-bords (König, Yamaha), des châssis plus légers et des carénages mieux profilés
Les victoires BMW à Charade: Fritz Scheidegger (CH) à quatre reprises (1959, 1961, 1964 et 1966) avec Horst Burkhardt (D) les deux premières fois, puis John Robinson (GB) les deux autres; Siegfried Schauzu (D) en 1971 et 1974 avec Wolfgang Kalauch (D); Helmuth Fath/Alfred Wohlgemuth (D) en 1960; Max Deubel/Emil Hörner (D) en 1962; Klaus Enders/Ralf Engelhardt (D) en 1967; Georg Auerbacher/Hermann Hahn (D) en 1970; Heinz Luthringhauser/Hans Jurgen Cusnik (D) en 1972; Richard Wegener (D)/Derek Jacobson (GB) en 1973. Un brouillard épais annulera la course des side en 1963. Parmi les rares équipages français, on se souvient du tandem clermontois Philippe Menut/Montel, en 1970, sur BMW (#119).
A partir de 2018, quelques attelages de différentes époques (années 1970-2000) participeront à des roulages sur le petit tracé de 3,975 km, faisant découvrir l’évolution des technologies en matière de side. Ce fut le cas à Charade Heroes, Charade Moto Rétro et Charade Super Show.
Guy Lemaître/Agissons pour Charade
Photos Paul Lutz et Guy Lemaître





